Le Maghreb de Gilles Proulx

Dans l’euphorie des fêtes de Noël et de fin d’année 2011 au cours desquelles les québécoises et les québécois se plaisent à échanger des cadeaux pour montrer leur amour, leur respect et leur gratitude, un ami québécois retraité,  ayant connaissance de mon goût pour la lecture, avait choisi de me proposer de lire « Le Maghreb de Gilles Proulx« .

C’est grâce à cet ami québécois que j’ai pu prendre connaissance du récit du voyage, dans les pays du Maghreb, de Gilles Proulx, le globe-trotter et journaliste québécois qui avait obtenu la nationalité honoraire du Maroc en 1996. Je me suis senti honoré par ce geste amicale et, tout naturellement, je ne pouvais qu’acquiescer surtout que le livre touche au Maghreb dont je suis originaire. 

Que pourrait dire du Maroc un québécois nommé citoyen honoraire du Maroc par le souverain Hassan II? Jusqu’à cette date, je ne connaissais pas ce journaliste québécois et, encore moins, son récit intitulé « Le Maghreb de Gilles Proulx’, édité en 2011, chez le plus important éditeur de récits de voyage au Québec (http://www.calepins-aventuriers.com/?id=197). C’est aussi le quatorzième livre de l’auteur.

En feuilletant ce livre, j’ai pu retenir que Gilles Proulx est un journaliste non-conformiste et qu’il s’est  vu octroyer la nationalité honoraire du Maroc. Cela m’avait donné le goût de lire le livre, du moins, le récit se rapportant au voyage de ce journaliste au Maroc. Trois choses ont retenu mon attention dans ce récit et je souhaite m’y attarder car le récit ne pouvait me laisser insensible.

La première chose touche au premier voyage de Gilles Proulx au Maroc. C’était en 1969, à quelques jours de Noël. Il y était accompagné d’une Acadienne nommée
Marie-Claire. Pendant leur passage dans la ville de Fès, ils rencontrèrent un jeune marocain qui les invita chez lui à un moment où ils été fauchés comme les
blés. Ils n’avaient presque pas d’argent sur eux et ils crevaient de faim qu’ils acceptèrent allégrement l’invitation du nouvel ami marocain, raconte le journaliste
dans son récit « Le Maghreb de Gilles Proulx ». Au cours du diner (souper en langage québécois), le jeune marocain leurs faisait part de ses déboires dans son pays et de son désir d’immigrer au Québec. Il en parlait comme si les rues du Québec sont pavés d’or, note le récit dans une impression de stupéfaction et d’impuissance.

Dans ce récit, je constate un contraste et une ironie du sort : deux jeunes québécois fauchés passaient le Noël au Maroc alors que le jeune marocain
qui, semble-t-il, travaillait comme guichetier pour l’autocar de Tanger, était malheureux dans son pays et  nourrissait le rêve d’immigrer au Québec.

C’était en 1969. Cela fait maintenant plus de quarante ans. Présentement, en ce début de 2012, vous ne pouvez mettre le pied dans le métro ou dans un
autobus de la grande métropole de Montréal sans courir la chance de tomber sur un marocain ou une marocaine. Je peux en attester car, moi même, je fais partie
de cette vaste communauté marocaine  installée à Montréal. Quel contraste et quelle ironie du sort!

Devenu une célébrité, Gilles Proulx, dans une journée des années quatre-vingt-dix, héla un taxi dans le quartier de Côte-des-Neiges à Montréal. Et une fois à bord, il se fit posé la question suivante par le conducteur du taxi : «Est-ce que vous vous souvenez de moi?». Après quelques hésitations, Giles Proulx reconnut l’homme qui l’avait invité chez lui, à Fès, au Maroc, le 31 décembre 1969. Quelle jolie histoire! Elle vient orner le récit du « Maghreb de Gilles Proulx ».

La deuxième chose qui avait retenu mon attention touche à l’histoire de la nationalité honoraire de Gilles Proulx. L’histoire revient à 1996 lorsqu’un certain Elias Malka alors directeur de la Chambre de Commerce Canada-Maroc lui demanda de venir animer, au Hilton Bonaventure, un gala réunissant les notables de la communauté marocaine de Montréal et du Québec. La soirée de gala avait été rehaussée par la présence de Pierre Bourque, maire de Montréal, Louise Arel, ministre de l’immigration, et de l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Ottawa, Tajeddine Baddou.

En fin de cette soirée de gala, Gilles Proulx fut invité par Elias Malka à rejoindre la scène aux fins de lui rendre hommage publiquement pour son amour du Maroc. Il fût, en l’occurrence, nommé « Citoyen honoraire du Maroc au nom de Sa Majesté le roi Hassan II ». L’ambassadeur du Maroc et le directeur de la Chambre de Commerce de Canda-Maroc lui promirent alors de lui organiser une rencontre avec le souverain marocain Hassan II. Une promesse qui ne s’est jamais faite concrétisée. 

Plus tard, Gilles Proulx a appris par l’entremise de la presse que « Élias
Malka a été arrêté au Casino de Montréal pour tricherie et qu’on l’a flanqué en
prison avant de le déporter dans son royaume ». Depuis, Gilles Proulx commença
à réaliser que le certificat de citoyen honoraire du Maroc ne lui apporte pas
ce qu’il pourrait en espérer et il décida de le remettre aux Archives
nationales du Québec. Quelle triste histoire! Elle vient ternir le royaume d’Élias
Malka et ses compères. Elle nous donne une idée sur le profil et le sens de
responsabilité chez certains dignitaires.

La troisième chose qui a particulièrement attiré mon attention est la
carte du Maroc par laquelle les scandales risquent toujours de rejaillir à
cause du Sahara. Alors que le Maroc tient à l’intégrer le Sahara dans sa carte géographique
et à la considérer comme étant le Sahara Marocain, ses amis comme ses ennemis ne
se gênent pas de dissocier le Sahara du territoire marocain et de considérer ce
Sahara comme étant le Sahara occidental.

Gilles Proulx n’a pas fait exception à cet égard. Il a laissé faire
publier dans son récit une carte comportant un Sahara dit occidental dissocié
des territoires marocains. Il semble qu’Élias Malka et Tajeddine Baddou n’avaient
pas demandé à Gilles Proulx de reconnaitre la marocanité de ce Sahara lorsqu’ils
lui avaient octroyé la citoyenneté d’honneur du Maroc. Personnellement, je ne
peux espérer que Gilles Proulx soit plus chauviniste que l’ex-puissant ministre
de l’intérieur, Driss Basri, lorsque celui-ci affirma, un jour, dans son « exil »
en France, que les accords conclus entre le Maroc et les Nations Unies
utilisent le vocable de « Sahara Occidental » et non celui du «Sahara
Marocain».

Nul n’est donc tenu d’être plus royaliste que le roi. Surtout pas
Gilles Proulx. Celui-ci aime le Maroc et les marocaines. Pour lui, le Maroc est
Berlin de l’Ouest par rapport à l’Algérie de 1969.

«Le Maghreb de Gilles Proulx » mérite d’être lu. Je le recommande
d’abord et avant tout à tous les maghrébins et à toutes les magrébines du
Québec. Je le recommande également à toutes les québécoises et à tous les québécois
qui côtoient des marocaines et des marocains.

Démêlés d’Elias Malka

Elias Malka n’était pas un personnage marocain ordinaire d’après le reflet de son portrait véhiculé tant sur la toile de l’internet que dans le récit de voyage intitulé « Le Maghreb de Gilles Proulx » . Elias Malka était un proche des hautes sphères du pouvoir au Maroc, un directeur de la chambre de commerce du Maroc-Canada, un président d’honneur d’une association de la communauté marocaine au Québec et un homme qui avait laissé derrière lui des mécontents de différents bords et de différentes nationalités. Nous y trouvons le journaliste québecois Gilles Proulx, un homme d’affaires belge et la communauté marocaine au Québec.

ELIAS MALKA ET LE JOURNALISTE GILLES PROULX:

Le journaliste québécois, Gilles Proulx, ne lui aurait pas consacré fortuitement nombre de passages dans son récit s’il était un simple personnage ordinaire. Dans ces passages, le journaliste québécois laisse transpirer son mécontentement à l’endroit d’Élias Malka.  Ce personnage, dont le reflet du portrait est peu flatteur, lui avait promis de le présenter au souverain marocain Hassan II et il n’a jamais pu honorer sa promesse.

L’histoire remonte à 1996 lorsqu’un certain Elias Malka alors directeur de la Chambre de Commerce Canada-Maroc demanda à  Gilles Proulx de venir animer, au Hilton Bonaventure, un gala réunissant les notables de la communauté marocaine de Montréal et du Québec. C’était une soirée de gala dont l’aura avait été rehaussée par la présence de Pierre Bourque, maire de Montréal, Louise Arel, ministre de l’immigration, et de l’ambassadeur du Royaume du Maroc à Ottawa, Tajeddine Baddou.

En fin de cette soirée de gala, Gilles Proulx fut invité par Elias Malka à rejoindre la scène aux fins de lui rendre hommage publiquement pour son amour du Maroc. Il fût, en l’occurrence, nommé « Citoyen honoraire du Maroc au nom de Sa Majesté le roi Hassan II ». L’ambassadeur du Maroc et le directeur de la Chambre de Commerce de Canda-Maroc lui promirent alors de lui organiser une rencontre avec le souverain marocain Hassan II. Une promesse qui ne s’est jamais faite concrétisée.

Plus tard, Gilles Proulx a appris, à sa belle surprise,  par l’entremise de la presse, que « Élias Malka a été arrêté au Casino de Montréal pour tricherie et qu’on l’a flanqué en prison avant de le déporter dans son royaume ». Depuis, Gilles Proulx commença à réaliser que le certificat de citoyen honoraire du Maroc ne lui apporte pas ce qu’il en aurait espéré et il décida de le remettre aux Archives nationales du Québec.

Indéniablement, le récit de Gilles Proulx ne reflète pas un portrait flatteur d’Elias Malka. On dirait qu’il voulait faire connaitre ce personnage aux maghrébins et aux personnes concernées au Maroc ou par le Maroc. En fait, qui parmi les maghrébins ne pourrait être tenté par la lecture d’un livre dont le titre accrocheur (Le
Maghreb de Gilles Proulx
) fait passer le Maghreb pour une propriété de Gilles Proulx? 

ELIAS MALKA ET UN HOMME D’AFFAIRES BELGE:

Personnellement, c’est à  travers ce récit que j’ai  connu le nom d’Elias Malka, ce personnage horsde pairs.  Il a particulièrement  attiré mon attention  et je  l’ai noté dans un article  intitulé (Le Maghreb de Gilles Proulx), publié antérieurement dans ce blogue.  Plus tard, et à ma grande surprise, un commentaire d’un lecteur  se  présentant en profile d’un homme d’affaires belge retentit dans mon courriel me révélant ainsi un aspect du profile d’Elias Malka reflété dans le monde du Web.

Dans son commentaire,  le lecteur en question laisse entendre qu’Elias Malka se présenterait à lui comme étant un homme très proche de l’entourage du souverain marocain Hassan II, mettant à contribution ses médailles d’honneur et ses photos avec le souverain du Maroc, et qu’il avait réussit de la sorte à convaincre sa victime de lui remettre une belle somme de l’ordre de 2300000 dollars américains à titre de prêt de courte durée. Dès lors, le prêt s’est avéré une perte irrécouvrable et le nom d’Elias Malka est devenu comme un torchon rouge qui ne peut passer inaperçu devant les yeux d’une victime à la recherche d’un justicier de la providence.

Le nom d’Elias Malka a par ailleurs fait l’objet d’un article du journaliste marocain Abderrahim Khouibaba, le fondateur en mars 1996 du « Maghreb Observateur »,   un journal orienté vers les problèmes de la communauté maghrébine au Québec. Dans un article intitulé (OTAGE D’IMPOSTURES) qui traite des rapports de la communauté avec les autorités marocaines au Canada et de l’historique des associations marocaines au Canada, le journaliste marocain projette un profile d’un Elias Malka très contesté par la communauté marocaine au Québec.

A la lecture de cet article, la victime a réagi par une lettre intitulée « Lettre d’un belge à propos d’un certain M. Malka«  adressée à Abderrahim Khouibaba, dans laquelle il évoque des détails sur les moyens de persuasions deployés par Elias Malka: « Malka nous avait montré ses photos avec Sa Majesté le Roi Hassan II, et même un chèque signé par Sa Majesté, pour million de dollars. Aussi, il se vantait de ses décorations royales« , précise la lettre en question. 

L’auteur de cette lettre va encore un peu plus loin en s’interrogeant sur l’existence même de la-dite Chambre de commerce Maroc-Canada. Je vous laisse le soin de lire cette partie finale de la lettre pour en comprendre la finalié : « Avec ses actes, Malka avait encore utilisé de fausses factures sur des sociétés inexistantes, et s’est maintes fois aussi montré comme le président de la Chambre de commerce, qui d’après mes informations, n’existe que dans l’esprit de ce Malka ?? Je ne sais pas si dans ma quête difficile, vous pourriez m’aider de quelque façon, mais en tout cas, après avoir lu votre article sur OTAGE D’IMPOSTURES, je tenais à vous informer sur cette personne Malka« .

ELIAS MALKA ET LA COMMUNAUTÉ MAROCAINE AU QUÉBEC:

Dans son article intitulé « OTAGE D’IMPOSTURES« , Abderrahim Khouibaba livre un autre récit: il s’agit du démêlé de la communauté marocaine au Québec avec Elias Malka qui, lui, occupait alors les postes de directeur de la chambre de commerce Maroc-Canada et de président d’honneur de l’association de la communauté marocaine au Québc. Elias Malka avait voulu s’accaparer le nom de cette aasociation comme il l’avait fait pour la chambre de commerce du Maroc au Canada, précise le contenu de l’article d’Abderrahim Khouibaba.  

La communauté marocaine a fini par exprimer son mécontentement par le biais d’un communiqué distribué dans toutes les mosquées suivi, plus tard, d’une pétition signée par plus de deux milles musulmans à travers le Canada pour montrer leur désaccord avec cette association, rapporte Abderrahim Khouibaba avant de terminer son article par la note suivante: « Le 4 octobre 1996 à 3h30 du matin au Casino de Montréal, Malka était arrêté pour tricherie par la Sûreté du Québec, depuis ce temps, on a plus revu cet homme de 70 ans. Et aujourd’hui, cet épisode fait aussi parti du passé .« 

L’Islam caricaturé par des arabes?

DEUX TUNISIENS INSULTENT LE PROPHÈTE:

Est-ce que les attaques contre l’Islam commencent à s’installer dans le monde arabe à la faveur du printemps arabe ? La question mérite d’être posée à la suite d’un procès des plus sensationnels qui vient de se produire en Tunisie: il s’agit du procès de deux Tunisiens originaires de Mahdia qui ont été accusés de blasphémie et d’avoir publié des photos insultant le prophète sur les réseaux sociaux. Ils ont été condamnés à 7,5 ans de prison ferme et 1200 dinars d’amende chacun.

L’information était publiée par Shems FM et relayée par d’autres sources. Pour complément d’information, un extrait d’arrêt correctionnel, daté du 29 mars 2012 et circulant sur Internet, précise que le jugement a été prononcé le 28 mars 2012 par le Tribunal de première instance de Mahdia en présence de l’accusé Jabeur Ben Mohamed Ben Abdellah Merji et en l’absence de Ghazi Ben Mahmoud Ben Mohamed Béji.

UNE EGYPTIENNE POSE NUE SUR SON BLOGUE:

Survenant au lendemain du printemps tunisien, cet événement rappelle à l’esprit un autre événement qui s’est produit au lendemain de du printemps égyptien. Il s’agit de l’histoire de la jeune bloggeuse égyptienne, Aliaa Magda el-Mahdy, qui avait posé toute nue sur son blogue. Supposée défendre les droits de la femme en Égypte à travers son blogue, Aliaa Magda el-Mahdy a choqué une large couche de l’opinion publique égyptienne.

UN CONFLIT ENTRE ISLAMISME ET LAICITÉ DE L’ETAT:

A la lecture des données, il s’avère que les attaques déclarées par des ressortissants de pays arabes ou musulmans contre l’Islam et ses symboles ne datent pas d’aujourd’hui et elles ne prendront fin ni aujourd’hui ni demain. Il y a lieu de se rappeler de Salman Rushdie et de la virulente américaine d’origine syrienne Wafa Sultan. Il y en aura certainement d’autres parmi la majorité silencieuse qui ne s’empêcheront pas de chercher refuge auprès de toute puissance qui leur ouvrirait son territoires pour y bercer leur rêve de s’inscrire parmi les peuples libres de l’histoire.

Il va sans dire que le procès des deux tunisiens symbolise un conflit plus ou moins latent entre l’islamisme et la laïcité depuis le temps de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la république turque en 1923. La Turquie constitue une exception dans le monde islamique car Mustafa Kemal Atatürk en a fait une république constitutionnellement laïque. Il en a fait également un pays moderne et développé.

LES ATHÉISTES ET LES LAICS SONT MINORITAIRES :

La liberté intellectuelle ne peut empiéter sur le domaine de la religion dans un pays musulman sans subir une répression farouche de la part de toute la communauté musulmane. Le printemps arabe ne semble pas être en faveur des athéistes et des laïcs. L’Islam y demeure la religion de l’État et les régimes qui s’installent en Tunisie et en Egypte sont beaucoup plus d’obédience islamiste qu’ils ne l’étaient auparavant.

Ne représentant qu’une quantité négligeable, les athéistes comme les laïcs ne sont pas en fait les véritables ennemis de l’islam. Celui-ci demeure dans ses fiefs et l’athéisme n’a jamais détruit la religion. Les athéistes comme les laïcs et les modernistes sont parties prenantes du printemps arabe. Les uns et les
autres devraient se pencher sur l’injustice, la répartition inéquitable des richesses, l’inégalité devant la loi, les obstacles au développement et sur le modèle de société dont il a besoin.

LES VÉRITABLES ENNEMIS DE L’ISLAM SONT DES ISLAMISTES :

Avant d’instituer les rites de l’Islam, le prophète avait tout d’abord prôné une révolution contre l’injustice économique et sociale. Dans nombre de passages, le Coran associe l’Islam à la répartition équitable des ressources et des richesses. C’était l’une des forces de L’Islam.

Les véritables ennemis de l’Islam sont les islamistes qui s’accaparent l’Islam et le détournent de sa mission qui consiste à améliorer la condition des gens, que ce soit à l’interne ou à l’international. Ils donnent l’impression que l’Islam est synonyme d’autocratie, de terrorisme, de violence, de viol, d’amputation, de décapitation, de lapidation, de polygamie, de voile, de pauvreté, de surpeuplement, de l’ignorance, d’antisémitisme, d’anti-modernisme  et d’anachronisme.

P.J :

fichier pdf Arrêt Correctionnel

Un suicide qui relance l’égalité des sexes au Maroc

Qui ne peut être attristé par la nouvelle de suicide d’une adolescente marocaine de 16 ans qui avait été forcée de se marier à l’homme qui l’avait violé auparavant? Le suicide de la jeune Amina Filali était vraiment un évènement sensationnel que des chaines de télévision arabes, comme 2M, Al-Jajeera et MBC, avaient mis en relief à une échelle qui dépasse largement les frontières du Maroc.

Plusieurs millions de personnes à travers le monde ont été touchées par cette nouvelle qui avait surgi dans le sillage d’un printemps arabe qui, lui, devient de plus en plus sanguinaire et chaotique. Personnellement, je suis habitué à lire dans la presse qui, sporadiquement, rapporte les nouvelles de suicides et tentatives de suicide au Maroc. L’opinion publique ne s’y arrête même pas pour en connaître les causes et les effets. A priori, ce n’est pas une priorité de la société.

Le suicide de l’adolescente Amina Filali est sorti des sentiers battus et a fait l’objet d’une large médiatisation. C’était une information de qualité qui pouvait mettre à l’épreuve le nouveau gouvernement d’obédience islamique qui venait juste d’accéder au pouvoir dans l’aura islamiste du printemps arabe en Tunisie, en Égypte et en Libye.

Ce suicide était visiblement une occasion d’or pour les détracteurs des islamistes à l’intérieur comme à l’extérieur du Maroc. Pourtant le mariage vraisemblablement forcé de l’adolescente Amina Filali était conclu sur la base de l’article 475 du code pénal marocain qui n’a jamais été abrogé sous la gouvernance des socialistes. Ce n’était fort probablement pas une priorité. Où est donc le hic?

Des questions s’imposent pour mieux appréhender l’ampleur médiatique donnée au suicide de l’adolescente Amina Filali:
Qui, en fait, avait empêché les partis socialistes d’agir et d’abroger l’article 475 du code pénal? Que faisaient les associations féministes du temps du Premier ministre socialiste Abderrahmane El-Yousfi?
Étaient-elles entrain de manifester pour mettre l’homme et la femme dos à dos dans le chimérique plan de développement de la femme au lieu de s’occuper de la question de la famille face à l’injustice et à l’exclusion sociale et des hommes et des femmes?
Est-ce que ces associations féministes croient vraiment aux droits de l’homme et à l’égalité des sexes à l’occidentale?
L’affaire du suicide de l’adolescente Amina Filali interpelle toute la société. Il n’est pas commode pour une société de tenter d’esquiver les vrai questions. Une crise d’identité entre le traditionalisme et le modernisme, entre l’adolescence et la maturité, ne peut être surmontée en se mettant la tête dans le sable. Il faut que chacun apporte son grain de sel. Je laisse la chance à tout un chacun de méditer sur les questions suivantes :
Pourquoi des hommes se permettent de violer les femmes dans ce pays arabo-islamique?
Pourquoi des personnes du sexe féminin font du mariage une promotion sociale et non pas un mariage pour le bien et pour le pire?
Pourquoi le juge et le tribunal de la famille avaient-ils autorisé ce mariage?
Est-ce que le juge avait un intérêt dans le contrat ou a-t-il tout simplement appliqué la loi? Qu’aurait fait le juge si l’adolescente en question était sa propre fille?
Pourquoi les parents de l’adolescente étaient impuissants tout au long du processus?
Quels droits ont les enfants mineurs sur leurs parents?
Est-ce que les parents sont responsables de leur acte de procréer?
Les femmes et les associations féministes sont-elles prêtes à affirmer l’égalité des sexes en renonçant au droit à la dot que leur confère la loi islamique par exemple pour être plus crédibles?
Est-ce que les associations féministes sont prêtes à demander la participation et de l’homme et de la femme aux charges familiales ou préfèrent-elles, au contraire, s’attacher à la loi islamique qui leur permet de conserver leurs salaires et dépenser les salaires de leurs maris?
Est-ce que les associations féministes croient vraiment à l’égalité des sexes quel que soit le statut social de l’individu?

Personnellement, j’ai été vivement choqué en apprenant la nouvelle de cette adolescente et je n’ai pas pu avaler comment une fille adolescente fut mariée à l’homme qui l’avait violé auparavant. Cette une incitation au viol des adolescentes car, au sens universel de la loi, les filles mineures sont des mineures même si elles consentent.
Je n’ai pas pu avaler comment un tel acte de mariage aurait été conclu à la faveur de l’article dit 475 du code pénal marocain, sous l’égide d’un dit-tribunal de la famille et la bénédiction des parents de la victime? Il devrait y avoir dans cette affaire trop de confusion tant que la société n’est pas prête à se regarder dans le miroir.

C’est une société composite où les ambigüités et les contrastes coexistent. Des femmes sont devenues policières, Caïds d’arrondissements, juges, parlementaires, ministres et ambassadrices au moment où une adolescente qui avait été violé fût mariée à l’homme qui l’avait violé. Le contrat du mariage a été, de surcroit, conclu en application de l’article 475 du code pénal marocain avec l’assentiment des parents de la victime et la bénédiction du tribunal de famille. De quelle famille parle-t-on?!

Le souverain marocain fait de la constitution son cheval de bataille

Dans son discours du vendredi 17 juin 2011, le souverain marocain se dit favorable au projet de la nouvelle constitution qui permettra de renouveler le pacte qui le lie au peuple. C’est probablement à l’allégeance que le souverain marocain voulait faire allusion en évoquant le renouvellement du pacte dans discours. Si c’est le cas, les traditions ancestrales continueront à occuper la place de choix dans une énième tentative visant la mise en place d’une démocratie constitutionnelle moderne. 

Tout étant favorable au projet de la nouvelle constitution, le souverain demeure réaliste dans ces mots lorsqu’il dit que la nouvelle constitution représente « un tournant historique et déterminant dans le processus de parachèvement de la construction de l’Etat de droit et des institutions démocratiques ». En d’autres termes, il serait entendu que «l’Etat de droit et des institutions» n’est pas encore achevé. Il faudra probablement attendre un autre tournant historique pour faire un autre pas vers « l’Etat de droit et des institutions ». 

Dans ce nouveau tournant sur le chemin pouvant mener à l’achèvement de «l’Etat de droit et des institutions» tant convoité par certains, le souverain va droit au but en affirmant que la refonte de la constitution vise à consacrer les principes et les mécanismes de bonne gouvernance, et de réunir les conditions d’une citoyenneté digne et d’une justice sociale équitable dans le cadre d’un processus qu’il «avait entamé dés son accession au Trône en parfaite communion avec toutes les forces vives de la Nation ». 

On pourrait lire de ce qui précède que les disfonctionnements au niveau des principes et des mécanismes de la bonne gouvernance et les adversités qui minent de l’intérieur les conditions d’une «citoyenneté digne et d’une justice sociale équitable » sont l’œuvre d’une force qui n’émane ni du souverain ni des forces vives de la nation.  C’est probablement cette force invisible qui dictait la teneur de toutes les autres constitutions du Maroc. Le souverain en est conscient et il le confirme en disant en toute sincérité du moment: « Nous avons tenu à ce que, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, la Constitution soit faite par les Marocains, pour tous les Marocains ». 

En procédant ainsi le souverain marocain semble donner le message suivant : je ne suis en aucun cas responsable des maux des marocains quant aux tripotages et malversations, aux atteintes à la citoyenneté et aux violations de la dignité et, entre autres, aux iniquités et aux injustices de tout bord. Je suis toujours aux côtés du peuple pour la mise en place des principes et des mécanismes qui s’imposent en la circonstance. 

Sur le fonds, le souverain et son statut semblent rester intacts avec tous les pouvoirs d’antan qui se résument dans l’article 19 de l’ancienne constitution. Le souverain serait la source de tous les pouvoirs tout en étant souple dans la gestion des quelques pressions internes suscités par des mouvements revendicatifs plus virulents comme la mouvance du 20 février. 

Les souverains marocains sont ingénieux à cet égard. Le sultan Mohamed V a su se tailler une place de « Père de la Nation» au point que la France a du précipiter son retour de l’exil et lui remettre les rênes du Trône marocain. Son successeur Hassan II a, lui aussi, réussi à composer avec toutes les intempéries et il a même sollicité les services d’Abderrahmane El-Yousfi et de son virulent parti d’opposition, en l’occurrence l’USFP, pour provoquer l’Alternance afin d’éviter un prétendu «arrêt cardiaque au Maroc» selon la fameuse expression de Hassan II. 

Comme à l’accoutumée, les forces vives du Maroc semblent corroborer les vues du souverain marocain pour de nombreuses raisons liées, entre autres, à l’histoire du Maroc composite, à la religiosité de la culture marocaine et aux intérêts des grandes puissances dont le Maroc est un allié fiable et incontournable. 

Il est donc attendu, sauf imprévu, que la nouvelle constitution passe aisément et très confortablement pour donner une nouvelle virginité au régime marocain, une lueur d’espoir aux marocains et un nouveau recentrage de l’opposition non parlementaire du type de la mouvance de 20 février.  Les dynasties présidentielles arabes du genre de la Libye, du Yémen, de la Syrie et de l’Egypte auraient dû demander conseil auprès du souverain. Au lieu de recourir à l’armée et à la répression massive, celui-ci a choisi de faire de la révision constitutionnelle son cheval de bataille. 

Le Maghreb dans les conflits armés de la Libye

En signant une convention-cadre de coopération militaire avec la Tunisie, le Maroc concrétise son implication économique et militaire dans la nouvelle carte des pays arabes qui, elle, se profile en filigrane à la faveur des protestations pacifiques et des révoltes armées qui secouent de plein fouet bon nombre de pays arabes.

Cette convention-cadre de coopération militaire avait été signée, jeudi 26 mai 2011, par  l’ambassadeur du Maroc en Tunisie, M. Najib Zerouali Ouarithi, et le ministre de la défense tunisien, M.  Abdelkrim Zbidi. Dans leur échange de propos à cette occasion, le ministre de la défense tunisien s’est félicité du soutien apporté par le royaume du Maroc aux réfugiés libyens en leur fournissant des services sanitaires et sociaux et en appuyant la Tunisie dans son action humanitaire. 

De son côté, l’ambassadeur du Maroc a réitéré les félicitations et l’appui de son pays à la révolution tunisienne et il a salué le rôle de l’armée au cours de cette étape délicate ainsi que son action humanitaire en faveur des réfugiés fuyant les combats qui se déroulent en Libye. En décortiquant les propos des responsables lors de la signature de ladite convention, nous comprenons bien que les réfugiés libyens sont non loin derrière cette convention et que l’armée marocaine et son homologue tunisienne avaient collaboré pour venir ensemble au secours des réfugiés libyens sachant bien évidement que le Maroc n’a de frontière ni avec la Libye ni avec la Tunisie. 

Ceci signifie que la signature de ladite convention-cadre de coopération militaire vient juste pour couronner et entériner une collaboration de fait entre les deux pays signataires. Dans ce contexte, il y a lieu de se demander si l’action humanitaire en faveur des réfugiés fuyant les combats qui se déroulent en Libye nécessite le déploiement de l’armée. 

La réponse affirmative signifierait que les réfugiés ne sont pas forcément des civils. Elle pourrait aussi signifier que les réfugiés sont des civils menacés par des forces militaires ou paramilitaires, probablement, à la solde de Kadhafi. Ce qui est plausible dans ce cas de figure, c’est que l’Algérie a été absente dans cette coopération militaire en faveur des réfugiés libyens sachant bien que, contrairement au Maroc, l’Algérie est bel et bien un pays limitrophe de la Tunisie. Ce serait dire que l’Algérie a été sciemment écartée de cette coopération militaire en faveur des réfugiés libyens.

 Ce fond de toile montre que l’Union du Maghreb Arabe est déjà dans l’œil du cyclone et que le torchon brûlerait en sourdine entre l’Algérie, d’un côté, et le Maroc etla Tunisie d’un autre côté. Le torchon devrait brûler aussi entre la Libye de Kadhafi et ses deux pays au chevet des réfugiés libyens. 

Le Maghreb n’est ni l’objet ni l’espace de collaboration entre les pays signataires de l’Union du Maghreb Arabe fondé le 17 février 1989 à Marrakech. C’est probablement un espace en recomposition. Les pays du Golfe devraient bien être au parfum de la délicatesse de la situation pour s’empresser d’inviter le Maroc à s’associer à leur Conseil de coopération du Golfe malgré les distances géographiques qui séparent le Maroc des pays du Golfe. 

Le Maroc semble donc bien s’impliquer économiquement et militairement dans la nouvelle carte des pays arabes. L’accord de vente en cours des armes américaines au Maroc d’une valeur de 50 millions de dollars dévoilé, mardi 17 mai 2011, par l’Agence américaine de coopération en matière de défense et de sécurité pourrait en être une autre preuve. Il en serait de même des pourparlers engagés, mercredi 25 mai 2011, entre le général Abdelaziz Bennani et une délégation militaire américaine en visite au Maroc dans le cadre de la coopération militaire entre les deux pays. 

L’Algérie qui avait exprimé précédemment son étonnement, et probablement sa jalousie, au lendemain de l’annonce de l’invitation du Maroc à s’associer au Conseil consultatif des pays du Golfe, n’a pas tardé à réagir aux derniers accords militaires du Maroc. Son premier ministre, M. Ahmed Ouyahya, avait annoncé, dimanche 29 mai, que le Maroc se trouve derrière les allégations américaines accusant l’Algérie d’être derrière les mercenaires et les armes envoyés au secours de Kadhafi. 

Cette déclaration explique donc bien le pourquoi de la coopération militaire maroco-tunisienne en faveur des réfugiés libyens. Elle explique aussi la raison pour laquelle les pays du golfe avaient demandé au Maroc de s’associer à leur Conseil de coopération du Golfe à la place de l’Union du Maghreb arabe. L’Algérie et la Libye sont communément connues comme les ennemies jurées du Maroc en raison de leur soutien inconditionnel au POLISARIO.

Et il semble d’après les rapports de presse que Kadhafi a perdu confiance en les mercenaires africains qui déguerpissent devant les rebelles ou s’évaporent après avoir touché les largesses pour lesquelles ils sont venus au secours de Kadhafi. Celui-ci semble avoir placé sa confiance en POLISARIO et qu’il était temps pour ce dernier de rendre service à son maître argentier. Il aurait aidé Kadhafi à reconquérir l’Est de la Libye. 

De leur côté, les insurgés libyens accusaient ouvertement l’Algérie d’envoyer des mercenaires combattre aux côtés de Kadhafi.  Mais celle-ci rejette les accusations. Cependant, l’adage dit qu’il n’y aurait pas de fumée sans feu. 

Arabie: Une femme au volant, une femme en prison!!!

Les femmes ne sont pas autorisées à conduire les voitures en Arabie Saoudite. Une militante pour les droits de la femme, Manal Al-sharif, a été arrêtée deux fois du samedi au dimanche (21 et 22 mai 2011) par la police religieuse de l’Arabie Saoudite pour avoir enfreint l’interdiction. Elle sera mise en détention préventive de cinq jours afin de permettre à la police de faire ses investigations.   

Cette nouvelle intervient juste quelques jours après la publication de mon article intitulé «Questions de femmes entre le Maroc et le Conseil de Coopération du Golf» dans lequel je me demandais quelle serait la position des oulémas et des organisations politiques et syndicales sur cette question aussi cruciale que banale.   

Manal Al-sharif est l’instigatrice à travers les réseaux sociaux (facebook, Twitter  et Youtube) d’une campagne, prévue le 17 juin 2011, visant à amener les femmes de l’Arabie saoudite à se mettre derrière le volant pour réclamer la reconnaissance de leur droit à conduire les automobiles.

En prélude à cette campagne, Manar Alsharif avait posté une vidéo sur youtube dans laquelle elle était entrain de conduire sa voiture dans la ville d’El-Khobar. Elle en a payé le tribut pour le moment.  

Cette nouvelle qui réconforterait les ultraconservateurs et les rétrogrades arabes serait sans doute un exploit pour les femmes saoudiennes et une percée vers l’exploration d’autres droits fondamentaux des hommes et des femmes dans ce pays où la religion est tournée en rempart contre l’émancipation et la modernité. 

Manal Al-sharif en est sortie une vedette de défense des droits de la femme dans l’Arabie Saoudite où la conduite des voitures est interdite aux femmes. Facebook en parle et la libre encyclopédie wikipedia lui consacre déjà une page sur son site Web pour qui veut en savoir un peu plus sur cette femme exceptionnelle.   

Cette femme me rappelle Belkis, la reine de Sheba, dont le Coran relate les mérites de croyante en Allah. Le Coran ne lui a pas renié le droit de présider aux destinées du plus puissant pays arabe au temps du roi Salomon. 

J’espère que les détenteurs du pouvoir religieux dans ce pays arabe ne renient pas le droit de Manal Al-sharif et de ces concitoyennes en ce qui concerne le droit à conduire une voiture en Arabie saoudite. J’espère que les grandes puissances qui interviennent dans les pays arabes au nom de la démocratie et des droits de l’homme en disent quelque chose.  

Des questions de femmes entre le Maroc et le CCG

l’Association Marocaine des Femmes Progressistes (AMFP) rejette formellement l’adhésion pressentie du Maroc au Conseil de la Coopération du Golfe et la qualifie d’atteinte manifeste aux droits de la femme vu l’état du sous-développement généralisé dans lequel sombrent ces pays, affirme le Comité administratif de l’AMFP dans un communiqué publié sur facebook en date du jeudi 19 mai 20011.

L’AMFP en donne comme simple exemple la situation des femmes saoudiennes qui militent encore pour le droit d’obtenir le permis de conduire. Quelle drôle de cause pour les femmes des Lieux Saints de L’Islam!!?? Est-ce la bonne image que reflète l’Arabie Saoudite qui se montre fabuleusement généreuse pour l’acquisition des avions militaires AWACS (acronyme anglais de système de détection et de commandement aéroporté) du XXème siècle mais s’obstine encore à lésiner, à l’excès, sur les changements des structures ancestrales et anachroniques dont les femmes saoudiennes du XXIème siècle demeurent encore prisonnières?!!

Ces femmes ont présentement du pain sur la planche et elles le font savoir. Elles sont entrain de signer une pétition à travers les réseaux sociaux pour lancer leur campagne sous le signe de « Femme derrière le Volant » afin de signifier solennellement au roi Abdallah Ben Abdelaziz leur détermination à obtenir leur droit au permis de conduire. Dans leur action prévue le 17 juin 2011, les femmes s’assoiront devant des volants  de voitures en Arabie Saoudite pour réclamer leur droit au permis de conduire, selon la teneur d’un article intitulé: Une campagne de « Femmes au Volant » débutera le mois prochain en Arabie Saoudite.

A y réfléchir, je me demande sérieusement si les femmes progressistes marocaines pourraient avoir le droit de conduire des voitures en Arabie Saoudite. Je me demande aussi si les femmes ministres et les femmes consules et ambassadrices du Maroc pourraient être dépêchées ou accréditées auprès du roi Abdellah Ben Abdelaziz. Qu’en diront les organisations politiques et syndicales marocaines? Qu’en diront les oulémas du Maroc et leurs homologues dans les pays du Golfe? Le monde arabe est plein d’interrogations sans réponses, semble-t-il.  

Le Maroc: du 20 février au Conseil de Coopération du Golfe?

Quel coup de foudre amène l’Arabie Saoudite à inviter le Maroc à adhérer au Conseil de coopération des pays du Golfe?  Est-ce pour convoler avec lui en deuxièmes noces après la mort clinique de l’Union du Maghreb Arabe? Le Maroc répondra-t-il à l’invitation au risque de souiller la réputation de ses femmes et de laisser taxer ses enfants de fils des Saoudiens et des Koweïtiens comme le laissaient entendre les blagues des années quatre-vingt? 

Ce qui est sur, c’est que l’invitation des pays du Golfe ne tient aucunement compte de la volonté et des aspirations du peuple marocain car la volonté du peuple n’existe pas dans le dictionnaire de ces monarchies pétrolières. A-t-on vite oublié que le roi saoudite avait abrité le président déchu, Zine El-Abidine Ben Ali, et envoyé ses forces militaires au Bahreïn pour soutenir une minorité sunnite contre la volonté d’une majorité chiite?  Le Maroc officiel est conscient de la situation. C’est pourquoi il souhaiterait y aller prudemment comme le laisse entendre la déclaration du ministre de la communication et porte parole du gouvernement marocain, Khalid Naciri, au journal AL-Quds Al-Arabi.

Le ministre avait en effet affiché les réserves du Maroc sur la proposition d’adhésion tout en en manifestant son désir de rehausser ses relations avec le Conseil de coopération des pays du Golfe.  C’est dire que le Maroc ne peut refuser l’offre car il doit avoir là-dedans des intérêts qu’il ne veut pas laisser tomber puisqu’il y va de sa loyauté envers ses alliés stratégiques qui tiennent les ficelles du jeu dans la région. En répondant favorablement à l’invitation, le Maroc officiel pourraient espérer résoudre ses deux principales préoccupations; à savoir la monté de la protestation du mouvement du 20 février et la question épineuse du Sahara dit occidental. 

Le Maroc en la personne de son roi Mohamed VI pourra en espérer sortir gagnant en mettant à contribution les ressources humaines et le potentiel militaire de son pays au profit des monarchies du Golf. Son expertise dans ce domaine a déjà fait ses preuves en Émirats Arabes Unis par exemple. C’est probablement l’occasion pour lui de se démarquer du Kadhafi, de tourner le dos à l’Union du Maghreb Arabe et de s’allier au Conseil de Coopération des pays du Golfe qui regroupe les pays les plus riches et les plus engagés dans la mise en place des politiques américaines dans le monde arabe. Ils sont aussi les pays les plus soutenus au Moyen Orient après Israël. 

 A l’instar des pays du Golfe, Le Maroc et la Jordanie ne posent pas de problèmes à Israël. Ils sont plus souples et plus ouverts à l’égard de l’État d’Israël. Plus encore, La jordanie offrirait à Israel un point d’accès au pays du Golf. C’est pourquoi le Maroc et la Jordanie ont été tout les deux invités par les pays du Golf à adhérer au Conseil de coopération. Le roi Hussein de la Jordanie, par exemple,  avait rencontré Golda Meir d’Israël et le roi Hassan II avait reçu Shimon Peres et ouvert un bureau de liaison avec Tel-Aviv à Rabat. Il avait même proposé l’intégration d’Israël dans la Ligue arabe pour en finir avec le conflit arabo-israélien, semble-t-il. Il est donc temps de gratifier le Maroc en lui épargnant les avatars des révolutions populaires et militaires en vogue dans le Monde arabe.

 Je suis persuadé que ces révolutions sont appuyées par des mains étrangères invisibles mais il semble que le Maroc n’est pas dans la ligne de mire de ces puissances car il n’a pas de pétrole et il est docile et flexible dans les choix de ses politiques nationales et internationales. A contrario, le colonel Kadhafi qui a le pétrole et qui s’est taillée la réputation d’opposant à l’échelle mondiale était bel et bien dans la ligne de mire de ses ennemis jurés. Maintenant qu’il est entrain de payer le prix de son arrogance, l’Union du Maghreb Arabe devient problématique. 

En fait, l’UMA du 17 février 1989 était une union née morte à l’instar du Traité d’Union Arabo-africaine du 13 août 1984 et d’autres unions de la Lybie avec d’autres pays arabes. De plus, Kadhafi n’avait offert aucune perche au Maroc pour l’aider dans son dossier du Sahara dit occidental qui traine toujours entre les mains des Nations Unies. Le Maroc en est bien conscient et il en a bien souffert au sein de l’UMA car la Libye du Kadhafi était derrière le Polisario. 

A l’instar de la Libye, l’Algérie est un pays riche en pétrole et en gaz et son peuple n’en profite pas équitablement. Son peuple est aussi pauvre que celui du Maroc qui, lui, n’a ni gaz ni pétrole. Pis encore, historiquement parlant, l’Algérie est un pays qui gravitait dans l’orbite de l’ex-bloc socialiste. Il est probablement l’heure de sonner le glas. Le pétrole et le gaz ne peut laisser les grandes puissances indifférentes alors que le peuple laissé pour compte peut servir de levier de changement du régime en place. C’est probablement la raison pour laquelle les pays de Golfe invitent le Maroc à trouver auprès d’eux une porte de sortie. 

Kadhafi, le Templier d’Allah

En faisant mes recherches sur la Libye au lendemain de l’insurrection armée contre le colonel Kadhafi, je suis tombé sur un livre intitulée : « Kadhafi, le Templier d’Allah ». Ma surprise était grande de découvrir que l’auteur cherche à s’en prendre non seulement au colonel Kadhafi mais aussi au monde arabe, à l’Islam et au prophète Mohamed, sans aucun égard à l’esprit de l’analyse objective que tout auteur digne de ce nom doit respecter.  L’auteur, Anne-Marie Cazalis, cède à la facilité et succombe au sensuel et à la surenchère contre l’Islam. Elle affirme d’emblée, dans la page 23 de son livre, que « le Coran est dépassé en bien des points. Le prophète n’a pas prédit la Révolution industrielle ; il n’a pas annoncé que lhomme monterait sur la lune. En un sens, il a fermé aux arabes les portes de l’avenir »

Il ne s’agit pas ici, pour moi, de défendre l’Islam ou le prophète Mohamed, mais plutôt de défendre l’objectivité et l’honnêteté scientifique en procédant à une étude comparée des religions monothéistes. Anne-Marie Cazalis, journaliste et auteur du « Kadhafi, le Templier d’Allah » devrait savoir que nul prophète n’a prévu la révolution industrielle et l’alunissage de l’homme sur la lune. 

Pourquoi donc ne citer que le prophète Mohamed. Qu’en est-il d’Abraham, de Moise et de Jésus?  En savaient-ils mieux que Mohamed? Pourquoi s’en prendre au prophète Mohamed en disant qu’il a fermé aux arabes les portes de l’avenir sans dire un mot sur les autres prophètes? Pourquoi affirmer que le Coran est dépassé en bien de points sans en dire un mot sur les autres livres saints dont l’Ancien Testament et le Nouveau Testament ? 

J’ai été déçu par les conjectures et les préjugés véhiculés dans ce livre contre les arabes et contre la religion de l’Islam sans aucun égard à l’esprit de l’analyse objective que je trouve dans bon nombre de livres qui traitent des religions monothéistes sous des approches critiques et analytiques. 

Anne-Marie Cazalis qui est née en Algérie, à Boufarik, d’une famille protestante d’officiers et de pasteurs, devrait connaître la Bible et pouvait la comparer au Coran de façon objective. Elle devrait aussi savoir que l’Islam n’est pas la religion de tous les arabes et que nombres d’arabes sont chrétiens, voire même de confession juive, sans oublier les Bahaïs. Il semble qu’Anne-Marie Cazalis cherchait moins à s’occuper du Kadhafi que du monde arabe face au monde occidental. L’auteur ne cesse de qualifier les arabes de rêveurs et les occidentaux de cartésiens. Dans la page 76 de son livre « Kadhafi, le Templier d’Allah », Anne-Marie Cazalis ne se gène pas d’affirmer que « Tous les arabes sont des rêveurs et tous savent cela…..Mais du moins admettront-ils que si Mahomet n’avait pas rêvé, l’Islam ne serait pas ». Elle semble ignorer que les arabes avaient beaucoup apporté à la civilisation humaine au moment où l’Europe sombrait dans les ténèbres du moyen âge. 

Pis encore, Anne-Marie Cazalis donne l’impression qu’elle veut mettre le Coran dans l’illégalité internationale dans le but inavoué de dresser la communauté internationale et ses institutions contre le Coran. Dans la page 162 de son livre, l’auteur est très explicite dans ses propos lorsqu’elle écrit en substance que «Le droit public? La morale internationale? Ce sont des concepts que le Coran ignore. On peut être assuré, en revanche, que le colonel avait trouvé dans les sourates une justification à ses moyens et que la récupération de la Palestine revêtait à ses yeux le caractère d’une guerre sainte ». 

Je trouve cette tentative est très dangereuse car en nous référant à une étude comparée des livres saints, on risque de tomber sur des boites de Pandore. Anne-Marie Cazalis n’a probablement pas pris suffisamment de temps pour étudier la Bible pour peser ses mots. Non seulement, elle était pressée d’écrire son livre« Kadhafi, le Templier d’Allah » mais bien encore, elle courait contre la montre pour le finir. Elle ne cache pas ses ambitions dans la page 97  de son livre lorsqu’elle affirme : « J’avoue que j’espère être le/la premier/e journaliste occidental/e à écrire un livre sur le colonel Kadhafi se terminant par le Mot Allah…. Kadhafi ». 

Une telle auteur devrait savoir que le Coran se montre très respectuex envers tous les prophètes même ceux que la Bible tend à critiquer. Tels sont les exemples d’Adam et de Salomon. Le Coran ne traite pas les gens des autres nations d’esclaves, d’impurs ou de chiens. Au contraire, le Coran exige que les musulmans soient respectueux à l’egard de leurs ennemis. Allah n’a jamais ordonné le génocide des peuples et la mise à mort des femmes et des enfants de ses ennemis. Mieux encore, Allah est clément à l’égard de tous les êtres vivants y compris ses ennemis et il est miséricordieux à l’endroit de ses fidèles.

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